« Il n’y a pas de mauvais chiens, il y a seulement de mauvais maîtres ! »

Sous-entendu, les chiens ne sont pas responsables de leurs éventuels comportements indésirables, et quand il s’en produit, c’est du côté des maîtres et seulement de ceux-ci qu’il faut en chercher la cause.

Une phrase tarte à la crème qui a le don de m’exaspérer : et vous allez rapidement comprendre pourquoi.

Tout un courant de pensée, depuis l’Antiquité, sous-entend que les animaux, qui bien sûr non pas « d’âmes » sont dépourvus de la capacité de déterminer eux-mêmes leurs comportements, comme d’avoir la notion du bien et du mal ; les éthologistes, mais aussi les sociobiologistes, et d’une certaine façon tout ce petit monde qui gravite autour de ce que l’on appelle « comportementalistes » est en fait persuadé que les comportements animaux ne sont pas autres chose que des réflexes involontaires, hérités, et sur lesquels avec un peu d’habileté, les spécialistes peuvent agir plus ou moins à leur guise.

Mais beaucoup de chercheurs contemporains sont désormais tout à fait persuadés du caractère profondément réducteur d’un tel point de vue. Au contraire, les animaux sont pourvus de personnalités spécifiques, qui les caractérisent, qui les individualisent. C’est ainsi qu’un animal (et cela vaut pour toutes les espèces) peut-être plus ou moins tricheur, plus ou moins patient, plus ou moins affectueux, plus ou moins fidèle, plus ou moins intelligent, plus ou moins cruel, plus ou moins fidèle…, plus ou moins tout ce que vous voudrez, et que cela ne dépend pas seulement de ses expériences acquises, son éducation étant l’un des versants de ces expériences.

Il en est en fait des animaux, ici des chiens, comme il en est des enfants : avec les mêmes parents, la même éducation, les personnalités de deux enfants restent entières, et peuvent être très différentes. Bien entendu, et nous le voyons tous les jours, sans éducation appropriée, la plupart des enfants, comme beaucoup de chiens, finiront par présenter des comportements complètement asociaux. Mais, l’éducation ne pourra pas tout ! D’ailleurs, même dans le cas d’une très mauvaise éducation, ou d’une quasi-absence d’éducation (ce qui est deux manières de dire la même chose), on constate (heureusement) que de nombreux enfants finissent par adopter d’eux-mêmes des comportements souhaitables, et cela vaut aussi pour les chiens. Ce qui suffit à démontrer que les personnalités individuelles comptent au moins autant que les expériences acquises.

Dire : « pas de mauvais chiens, seulement de mauvais maîtres », c’est précisément refuser à ces animaux la capacité de personnalité, c’est revenir à la fausse conception « d’animaux mécaniques ». Une conception que les vrais amis les chiens ne peuvent donc pas accepter ! Ne déplaise à leur amour-propre, les comportementalistes sont très loin d’avoir les pouvoirs qu’ils s’imaginent souvent posséder. Pas plus que vous ne pourrez l’inverse, il vous sera par exemple impossible de rendre méchant un chien gentil !

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