« Le chien n’a pas le loup pour ancêtre », ou encore : « le loup et le chien constituent deux espèces différentes ».

Les auteurs de ce genre d’affirmation sont tellement sûrs de ce qu’ils avancent, qu’il est le plus souvent parfaitement inutile d’en discuter avec eux, et qu’il vaut mieux y renoncer. Ce qui ne nous empêche pas de faire le point sur ce sujet !

La question de l’origine du chien a fait couler beaucoup d’encre, et suscité de nombreux débats.

Capture d’écran 2014-06-18 à 08.13.20

Mais venons-en d’abord à la deuxième proposition : « le loup et le chien constituerait deux espèces différentes ». Je ne ferai l’injure à personne de rappeler ce qui détermine que deux animaux (de sexe différent) sont de la même espèce : il faut d’une part que ces individus puissent s’accoupler entre eux, et que les produits de cet accouplement soient fertiles.

On peut certes accoupler ânesses et chevaux, ou encore ânes et juments, mais les produits de ces croisements sont dans l’immense majorité des cas infertiles (ils ne peuvent pas se reproduire) : les ânes et les chevaux constituent bien deux espèces différentes.

En revanche, le croisement d’un loup et d’une chienne (aussi bien que celui d’une louve et d’un chien) crée sans doute des caractères au maniement délicat, mais les propriétaires de ces caractères ne s’en révèlent pas moins parfaitement fertiles.

Il est d’ailleurs bien connu que les Esquimaux avaient pour habitude d’attacher les chiennes en chaleur à l’écart des campements, afin que ces dernières puissent séduire les loups sauvages du voisinage, et obtenir de ces croisements des animaux plus vigoureux, qui venaient retremper le sang des meutes, et accessoirement nous apporter la preuve irréfutable d’une communauté d’espèce.

Maintenant, le fait que les deux animaux soient de la même espèce ne démontre pas que le chien domestique a nécessairement pour ancêtre un loup sauvage.

Certains sont persuadés du contraire. On a imaginé un ancêtre commun. Une autre version serait que le chien n’ait pas une origine, mais plusieurs.

En réalité, les études ADN récentes semblent trancher la question et rendre la filiation à peu près certaine.

Enfin, quand on réfléchit comportement, c’est bien le loup et lui seul dont les caractéristiques comportementales sont les plus proches de celles du chien beaucoup plus proches par exemple que celles d’un coyote ou encore d’un renard.

IMG_0981

Par ailleurs, ce qu’il faut comprendre, c’est que les espèces ne cessent jamais d’évoluer : par exemple, et malgré les apparences, il y a autant de différence entre un loup moderne et son ancêtre d’il y a trente mille ans, qu’il en existe entre un chien moderne et ce même ancêtre. Ce n’est pas parce que ces différences seraient moins visibles quelles en seraient moins réelles ! Et les différences que l’on constate entre chiens et loups modernes ne démontrent donc rien.

Il est par exemple tout à fait vraisemblable que les loups modernes soient devenus beaucoup plus sauvages que leurs ancêtres, et qu’ils aient appris à nourrir à l’encontre de notre espèce des sentiments beaucoup plus hostiles : jusqu’ici, cela leur a d’ailleurs plutôt réussi… la question se pose de savoir ce qu’il en sera pour le futur !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *