Les défauts de la dentition chez le chien sont héréditaires !

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Précisons d’abord de quoi nous parlons. Un premier défaut courant correspond à l’absence d’une ou plusieurs dents. Un autre défaut concerne l’articulé : les incisives doivent se trouver placées de telle manière que celles de la mâchoire antérieure, se trouvent juste un tout petit peu en avant de celles de la mâchoire inférieure. Quand ce n’est pas le cas, on dit que le chien est prognathe. Quand elles sont trop en avant, on dit qu’il est bégu, et grignard si elles sont placées en arrière.

Et dès lors, apparaît déjà une première difficulté : si ce que nous venons de décrire est bien considéré comme un défaut de manière globale, les choses deviennent plus compliquées quand on entre dans le détail.

C’est ainsi qu’un manque d’une ou plusieurs dents est relativement toléré pour certaines races (les chiens nus, par exemple).

De même, le prognathisme n’est-il pas pris pour un défaut, mais pour la norme, dans certains cas : les Boxers, à titre d’illustration. Dans le cas de cette race, un chien qui ne serait pas grignard se trouverait écarté de la reproduction !

Reproduction ? Voilà qui nous permet d’entrer dans notre sujet : les défauts de dentition sont-ils réellement héréditaires ? Et donc, est-il légitime d’écarter du processus reproductif un étalon ou une lice présentant un défaut, alors même que cet étalon ou cette lice auraient d’autres qualités à transmettre par ailleurs ?

La seule façon de le savoir serait de pouvoir comparer deux populations canines : une population exclusivement issue de géniteurs sans défauts dentaires, avec une autre, dont certains géniteurs pouvaient présenter en effet des défauts dentaires.

Or il se trouve que ces deux populations existent, et que les comparaisons sont donc parfaitement possibles.

Les populations canines des pays relevant de la Fédération Cynotechnique Internationale sont sélectionnées très strictement sur une absence de défaut dentaire. Donc tous les descendants des races pour lesquelles un défaut n’est pas toléré ont plusieurs générations de parents sans défaut.

À l’inverse, dans certains pays (États-Unis, Angleterre…), un défaut dentaire n’est pas éliminatoire : mieux, un chien ou une chienne présentant un défaut peut se trouver classé champion, s’il a été jugé présenter d’autres qualités remarquables.

Si les défauts dentaires sont génétiques, on devrait donc observer une grande différence entre les populations canines issues de sélection où l’on refuse tout défaut des géniteurs, et celles où l’on ne sélectionne pas strictement sur ce critère. En clair, la population des chiots anglais et américains devrait présenter un taux d’anomalies nettement supérieures à celles des chiens français, allemands, belges…

Or, ce n’est absolument pas ce que l’on observe. Non seulement des chiots continentaux strictement issus de lignées aux dentitions parfaites peuvent continuer de naître avec des défauts, mais le pourcentage de dentitions imparfaites ne semble pas plus élevé dans les pays anglo-saxons.

Alors, pour revenir à notre question titre, vrai ou faux ?

La vérité est qu’elle n’est pas connue, et chacun d’entre vous peut donc très légitimement garder son opinion, et nous dirons que vous avez tous gagné…

Mon avis personnel ? Bon, mais sans vouloir aller plus loin dans la polémique, le voilà : il est que le doute devrait profiter à la stratégie anglo-saxonne, et que les sujets de qualité ne devraient pas être systématiquement écartés de la reproduction pour un « défaut », dont l’héritabilité n’est pas démontrée…

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