Mon chien est frustré…de relations sexuelles !

Un souci secret, ou parfois avoué, de beaucoup de propriétaires !

La chasteté est en effet le lot commun de la plupart des chiens de compagnie, et de nombreux maîtres soucieux du bonheur complet de leur compagnon à quatre pattes vivent parfois plus ou moins mal cette situation pourtant bien commune…

Leur conviction est faite par avance : cette chasteté obligée ne saurait être normale, et leur pauvre compagnon mène par conséquent, au moins sur ce plan-là, une existence de frustré.

Dans certains pays, d’habiles escrocs ont d’ailleurs, paraît-il, tenté d’exploiter la naïveté de certains propriétaires en offrant à leurs compagnons mâles les services de… maisons closes pour chiens…

Le plus extraordinaire, à mon avis, est que de nombreux auteurs et de nombreux ouvrages entretiennent ce fantasme ! Je n’aurais pas la cruauté de citer les comportementalistes ou les vétérinaires qui ne se refusent pas le ridicule de parler du « besoin sexuel » des animaux en général, et des chiens (de préférence mâle) en particulier.

Un fantasme ?

Pourquoi est-ce que je dis qu’il s’agit d’un fantasme ?

Parce que précisément c’est bien d’un fantasme qu’il s’agit.

Question sexe, en effet, les animaux en général, et les chiens en particulier, réagissent de manière beaucoup plus mécanique que tout ce que nous pouvons imaginer. La présence ou plus exactement les odeurs émises par une femelle en chaleur, sont absolument nécessaires pour déclencher quelque préoccupation sexuelle que ce soit chez un mâle. Et donc, en l’absence d’une telle circonstance, pas de préoccupation, pas de souci, pas de manque !

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C’est vrai pour tous les mâles de toutes les espèces, la nôtre y compris. Mais chez la nôtre, l’excessif développement de notre cortex néofrontal nous permet (ou nous met au supplice) de nous imaginer des situations qui ne se présentent pas. À l’évidence, une excroissance absente chez la totalité des autres espèces, protégées par conséquent de toute forme de fantasme, et de toute forme possible de frustration de non-réalisation de tel ou tel fantasme.

Il peut certes arriver que des chiens fassent mine de « monter » des chiennes qui ne sont pas en chaleur, ou même d’autres mâles. Mais au contraire des apparences, cela n’a de sexuel que l’apparence, précisément. Beaucoup d’auteurs ont élucubré à l’envie sur ce sujet, voulant y voir un acte de domination. Personnellement, je n’en crois rien, et sauf cas particulier, qui relèvent d’une sorte de « conditionnement », dont nous allons reparler, par des représentants de notre espèce, je pense que de tels comportements sont une forme de jeu, auquel il suffit que le soi-disant « soumis » manifeste son mécontentement pour qu’il y soit mis fin le plus pacifiquement du monde à l’instant même.

C’est en tout cas le résultat de mes observations : qu’il s’agisse de mes chiens personnels, y compris les plus vifs, comme peuvent l’être des bergers belges préparés pour le ring, ou encore de « chiens sans maître » qu’il m’a été donné de pouvoir rencontrer en de nombreuses circonstances.

On me citera aussi pour combattre mon point de vue le cas de chiens qui embrassent de leurs antérieurs la jambe de leur maître, ou qui paraissent vouloir s’occuper d’une façon étonnante de ses chaussures (dans le cas de petits modèles, évidemment). Là encore, je continue de soutenir qu’il ne s’agit au départ que d’un jeu, sans réelle intention, un jeu auquel il peut être mis fin instantanément, et le plus souvent définitivement, par une simple admonestation orale.

Et c’est exactement ce que je vous conseille de faire si votre chien adoptait de tels comportements envers qui que ce soit de votre entourage : une autre attitude, par exemple une attention trop manifeste, donnerait au chien le sentiment que vous vous intéressez à ce jeu, et ne pourrait que l’encourager à persévérer, uniquement pour susciter votre intérêt et retenir votre attention.

Il n’y a donc dans tout cela, en aucune façon, une quelconque tentative de réponse à une « frustration », mais une forme de conditionnement qu’il faut espérer involontaire, conditionnement dont il faut savoir qu’il peut aller, dans certains cas, jusqu’à son extrémité… Une situation qui n’est en réalité de nature à satisfaire personne, pas plus le chien que sa victime…

En effet, l’une des raisons de la formidable réussite de la collaboration de l’homme et du chien tient sans doute à l’étonnante faculté de mimétisme du second : le chien est capable, non pas seulement de nous imiter, mais plus encore d’adopter des attitudes et des comportements qu’il suspecte nous voir attendre de lui.

Et quelquefois, l’observation de tout cela n’est pas réellement à mettre à notre crédit…

 

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