Mon chien sait très bien quand il a fait une bêtise !

Mon chien sait très bien quand il a fait une bêtise !

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Oui ou non ?

Une certitude absolue pour un grand nombre de personnes. Un point de vue largement contesté par les spécialistes. Alors la vérité ?

Eh bien, figurez-vous que la réponse à cette question est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît d’abord !

La preuve : elle fait en réalité l’objet de pratiquement le quart de mon ouvrage sur le comportement, soit plus d’une centaine de pages…

Est-il possible d’en apporter un résumé construit et crédible dans le cadre d’un billet ? On peut toujours essayer !

Un sujet qui fâche

Un sujet qui fâche, et qui peut me valoir les pires attaques ! C’est que dans nos pays occidentaux, la liberté de penser se résume de plus en plus à la liberté de penser la vérité officielle ! Or il existe bel et bon sur ce sujet une vérité officielle, inspirée par les comportementalistes ; officielle est bien le mot, puisque c’est cette « vérité » qui doit dicter les réponses aux questions de nombreux examens, comme le « certificat de capacité pour les espèces domestiques ». Ce qui, nous allons le voir, interroge sérieusement sur l’utilité de tels examens, et l’obligation qui est faite d’en être titulaire pour exercer nombre de métiers.

Vérités officielles

« Mon chien sait très bien quand il a fait une bêtise ! », dites cela à votre vétérinaire ou encore à votre comportementaliste préféré, on peut parier gagnant qu’il vous sera fait une réponse sur le mode : « vous faites de l’anthropomorphisme » ! En clair, on vous reprochera de considérer les animaux non comme ils sont en effet, mais comme s’ils étaient animés des sentiments qui seraient les vôtres si vous étiez à leur place.

Pour commencer, le « bien et le mal » seraient des notions humaines, sans équivalence dans le monde animal et ne pourraient inspirer les comportements.

Les comportements ne seraient en effet construits que par les seuls « renforcements ». Quand un comportement apporte un bienfait, il se trouve renforcé. Dans le cas contraire, le comportement peut se retrouver plus ou moins annihilé, on parle alors de renforcement négatif.

On vous dira doctement que les renforcements négatifs sont beaucoup moins efficaces que les renforcements positifs : il faut donc privilégier la récompense, éviter la punition.

Mais surtout, on vous expliquera la notion d’instantanéité : un renforcement ne serait utile que s’il se produit en même temps ou immédiatement.

« Et si la notion de renforcement était seulement une farce inventée par les chiens pour mieux duper les humains ? »

Le concept de renforcement est tellement séduisant qu’il s’est imposé jusqu’en psychologie humaine ; par exemple, au moins jusqu’à une époque récente, il a inspiré toutes les réflexions au sujet de la gestion des ressources humaines dans les entreprises.

Promesses d’augmentation, primes, avantages en nature, promotions, autant de renforcements « positifs » censés augmenter la bonne volonté des salariés. Je vous laisse l’inventaire des renforcements négatifs…

Petit problème : les résultats extraordinairement médiocres de toutes ces méthodes !

Si médiocres que nombreux sont les esprits à penser aujourd’hui que les êtres humains n’agissent pas prioritairement pour être récompensés, ou par crainte de se trouver punis, mais beaucoup plus pour se trouver en harmonie avec eux-mêmes, comme avec leur environnement

Aider les salariés à se trouver en harmonie avec eux-mêmes et avec leur environnement, voilà le principe de ce que l’on appelle les « entreprises libérées ».

Quand j’ai rédigé dans mon livre sur le comportement le chapitre qui porte le même titre que celui de ce paragraphe, je n’avais absolument jamais entendu parler du concept des entreprises libérées, et je ne pense même pas qu’il existait des ouvrages, en tout cas en français, sur ce sujet.

Pourtant, je me posais déjà une question du même genre : en observant les comportements de nombreux chiens, et notamment de nos chiens personnels, je me rendais compte que ceux-ci n’agissent pas prioritairement pour obtenir des récompenses ou éviter des punitions. Ils agissent surtout pour se trouver en harmonie avec leur environnement, c’est-à-dire, pratiquement, avec les partenaires humains de cet environnement.

Capacités animales

Si cette théorie est exacte, et je suis convaincu qu’elle est, cela entraîne un certain nombre de conséquences.

La première d’entre elles est que l’animal en général et le chien en particulier se trouvent dotés d’un certain nombre de capacités, conséquences de la précédente, que l’on a pu croire, en tout cas jusqu’à une époque récente, réservées à la seule espèce humaine : conscience du bien et du mal, théorie de l’esprit, mémoire à long terme et analyse des faits passés.

  • Conscience du bien et du mal : conscience de ce qui va ou non dans le sens de l’harmonie décrite ci-dessus.
  • Théorie de l’esprit : capacité à imaginer la pensée d’autrui.

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On est bien entendu très loin des conceptions réductionnistes des théories comportementalistes, on ouvre la porte à une capacité au moins relative de mémoire et d’analyse de faits passés.

Aller plus loin

Donc oui, le chien a certainement la capacité d’avoir enfreint les règles du « contrat d’harmonie » avec vous, oui, il peut savoir qu’il a « fait une bêtise ».

Pour autant, comment réagir, avec sagesse et efficacité, lors de la découverte de conséquences d’un comportement indésirable, indésirable en tout cas de notre point de vue ?

Là encore, une question qui appelle plus qu’une réponse simpliste, et que nous aborderons, si vous le voulez, dans un prochain billet !

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