Savoir dire non !

Dans un billet précédent, j’expliquais que toutes les modes ne sont pas bonnes à suivre, ces modes nous vinssent-elles d’une lointaine Asie.

Je faisais notamment allusion au toilettage du Spitz nain. Je veux prolonger ici la réflexion.

Il faut savoir que c’est un défaut commun de l’espèce humaine, de l’ordre du réflexe, de vouloir prolonger l’aspect « bébé » des animaux qui vivent dans sa proximité.

Tous les animaux domestiques présentent des caractères infantiles par rapport à l’espèce sauvage : dit autrement, la croissance des animaux domestiques est comme arrêtée en chemin, non complètement aboutie. Les humains ne se contentent pas de priver de liberté les espèces qu’ils domestiquent, ils les « interdisent de maturité » !

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Chez le chien, l’effet est particulièrement visible en ce qui concerne le cerveau ; quel est le seul moyen de dire d’un squelette trouvé à proximité d’humains, qu’il s’agit d’un loup et non d’un chien ? Le volume du cerveau ! Le volume du cerveau d’un chien ne dépasse jamais 40 % du volume d’un loup qui serait d’une taille équivalente.

Certains indices semblent montrer que nos grands ancêtres étaient parfaitement conscients de ce phénomène, qu’ils jugeaient très négativement, et qu’ils essayaient de combattre ou limiter. Par exemple, s’il est avéré que très tôt, ils ont su utiliser des loups pour les aider dans leurs actions de chasse, ils faisaient en sorte de conserver avec ces derniers autant de « distance » que possible, s’interdisant toute proximité, comme toute familiarité excessive, faisant tout pour ne pas nuire aux qualités naturelles de l’espèce.

(C’est un thème que j’illustre dans ma « trilogie romanesque » des chants, Chants libres, Chant des cent pierres, Chant du brasier.)

Le chant des cent pierres72

Un vrai et authentique respect de l’animal, dont nous pourrions sans doute nous inspirer.

Et ne pas vouloir à tout prix considérer que donner un « aspect bébé », une « tête de bébé » à un sujet adulte serait le « nec plus ultra » de l’élégance canine. C’est au contraire succomber à un atavisme humain bien identifié, qui vise à maintenir, par pur égoïsme, son environnement (animaux domestiques, mais aussi enfants ou adolescents) dans un état aussi infantilisé que possible.

C’est détestable pour le manque de respect des personnalités que cela sous-entend. Ce l’est encore plus quand ce manque de respect s’accompagne d’une authentique nuisance à l’animal, comme c’est le cas par exemple, quand on traite par coupe un poil de type montagne ou nordique, comme le Spitz nain, puisque le désordre ainsi apporté est presque toujours irréversible, et qu’on aura transformé une fourrure, authentique prodige admirable de la nature, en un pelage d’une laideur infâme, sans tenue, sans couleur, et surtout, sans plus aucune utilité pour l’animal.

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Les personnes mal informées peuvent trouver cela « mignon ». Un « mignon » qui fait horreur au véritable cynophile, tout comme à quiconque se montre respectueux de l’authenticité physique et psychique des êtres vivants.

Ce texte s’adresse surtout aux propriétaires de chiens, qui ne doivent pas demander aux professionnels d’exécuter de tels travaux contre nature et doivent au contraire apprendre à regarder leur animal tel qu’il est et non comme la mascotte de fantasmes mal maîtrisés.

Les professionnels agissent comme le leur dicte leur conscience, mais le fait est qu’ils restent toujours peu ou prou contraints par les nécessités économiques et leur chiffre d’affaires.

Ce texte s’adresse donc prioritairement au public, car c’est d’une conscience collective consciente et maîtrisée, et d’elle seule, que naîtront les « bonnes pratiques ».

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