Vrai ou faux : d’une façon générale, les chiens mâles sont plus agressifs que les femelles ?

Ceux qui défendent cette hypothèse nous expliqueront qu’il y aurait même un coupable, ou plus exactement une coupable à cela : la testostérone.

La testostérone est une hormone, comme chacun sait, essentiellement (mais pas exclusivement) produit par les organes sexuels : les testicules chez les mâles et les ovaires chez les femelles.

Et de fait, du point de vue de la testostérone, les testicules sont nettement plus efficaces que les ovaires : c’est ainsi que chez la plupart des mammifères, on observe, en moyenne, un taux de concentration de cette hormone de cinq à six fois supérieur chez les messieurs.

Il ne fait guère de doute que la testostérone permet l’apparition de caractères sexuels primaires et secondaires masculins : une preuve que l’on peut considérer comme pertinente en est qu’en l’absence de cette testostérone, ces caractères n’apparaissent pas. C’est le cas lorsqu’un mâle est castré avant sa maturité.

Ce n’est donc pas cela qui est discutable, mais bien plutôt le fait de savoir si l’agressivité est précisément et en soi un caractère sexuel masculin.

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Certaines études tendent à montrer que cela n’a rien de bien établi pour ce qui concerne notre espèce. Certes, il y a beaucoup plus d’hommes dans les prisons que de femmes, mais cela semble surtout relié à des raisons sociologiques et il n’est pas établi de rapport direct et certain entre taux de testostérone de violence.

À la différence, c’est vrai, d’autres espèces, et notamment la souris : l’agressivité des souris mâles est très caractéristique, par exemple. Or une souris mâle castrée ne montre plus aucune agressivité !

Et chez le chien ? Le problème est que chez le chien, l’agressivité reste relativement difficile à définir en soi, et qu’elle peut prendre des formes très différentes. Par exemple, la plus douce des femelles de cette espèce peut se montrer farouchement agressive si elle juge sa portée menacée ; comportement de protection qui peut parfaitement s’élargir à la défense d’un domicile : c’est ainsi qu’au contraire d’une opinion largement répandue, les chiennes des races bergères ou de garde peuvent se montrer aussi efficaces, ou même parfois plus efficaces que leurs homologues masculins.

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Sans effacer le fait que les chiens mâles sont généralement plus grands et plus lourds que les femelles, ce qui leur permet des performances physiques, réelles ou supposées, supérieures… une différence morphologique sans doute liée à la présence de testostérone… testostérone, à défaut du chat, qui se mord donc la queue…

Testostérone ou pas, tous les êtres vivants semblent partagés entre deux tendances contradictoires. Une première tendance est un souci de se trouver autant que possible en harmonie avec son environnement. L’autre tendance étant au contraire de s’opposer, de faire face, pour se défendre d’un danger produit par cet environnement, ou encore pour en tirer un profit, par un acte de prédation.

Par définition, l’homme est devenu le point central de l’environnement du chien, et le souci d’une harmonie avec l’homme sa préoccupation première, tout comme, nous concernant, l’évitement et la fuite étaient le souci principal du loup. C’est dire que dans des conditions normales, le comportement agressif envers l’homme n’a rien de naturel chez le chien, avec ou sans testostérone, c’est à dire mâle ou femelle !

Et entre chiens ? Vous entendrez souvent dire qu’une rencontre entre un mâle et une femelle ne deviendra jamais conflictuelle ; il en serait de même d’une rencontre entre femelles, tandis que les rencontres entre mâles seraient toujours plus ou moins difficiles à gérer.

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Ce qui est extraordinaire, c’est que la plupart des « propriétaires » sont à ce point persuadés de telles croyances, que c’est en effet ce qui se produit : les conducteurs de sujet mâles se montrent tellement hostiles aux autres conducteurs de sujets mâles que lesdits mâles se laissent souvent gagner par ces mêmes sentiments…

Et à chaque bout de chaque laisse, on ne manquera pas de vous expliquer que chaque chien de l’autre côté de la laisse étant un dominant naturel, le conflit est inévitable !

Laissez les extrémités de chaque laisse croire ce qui leur fait tant plaisir, mais la réalité est bien différente : si les deux chiens ont été correctement socialisés à leur propre espèce, c’est-à-dire s’ils n’ont pas été séparés trop tôt de leur fratrie (pas avant trois mois révolus), et si les nouveaux propriétaires ont eu la sagesse de faire rencontrer à leur chiot, pendant toute sa croissance, de nombreux autres chiots et chiens, ces deux chiens savent parfaitement interagir entre eux, et ils n’ont besoin de personne pour les y aider : dans de tels cas, le mieux que nous puissions faire est… de ne pas nous en mêler ! Et vous le comprenez désormais, la testostérone n’a rien à voir à l’affaire !

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En conclusion, à mon avis, le chien n’est pas naturellement une espèce agressive, et cela vaut pour les mâles tout autant que pour les femelles ! Ou pour le dire autrement, il peut y avoir mille et une raisons de préférer l’un ou l’autre sexe, mais l’agressivité (que l’on souhaite ou que l’on veut éviter) est le critère le moins pertinent pour un tel choix !

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