Vrai ou faux : un chien qui ne serait pas soumis à son maître, ce serait aussi « anormal » qu’une entreprise sans hiérarchie ?

Pourrait-on imaginer un monde où les relations entre les êtres vivants ne soient pas construites sur le mode « dominants – dominés » ?

Quand il s’agit d’envisager les relations entre les humains et les chiens, la réponse du plus grand nombre est clairement non. Et beaucoup de spécialistes vous expliqueront froidement : si ce n’est pas vous qui dominez votre chien, c’est lui qui vous dominera.

Ce qui est très intéressant, ce n’est pas seulement que cette idée soit si répandue. C’est plus encore la violence avec laquelle ses partisans la défendent ! Poser la question devant eux, c’est presque certainement les faire entrer littéralement en transe, c’est la quasi-certitude de se voir abreuver des pires injures…

Mais oublions quelques instants, si vous le voulez bien, le monde du chien, ou même le monde des animaux, pour nous intéresser à celui des entreprises.

Dans l’esprit du plus grand nombre, l’entreprise, c’est d’abord un chef d’entreprise, sorte de monarque visionnaire et porteur d’un projet, entouré d’un nombre variable d’individus au service collectif de ce projet. Si les individus sont nombreux, ils se trouvent regroupés en ateliers ou en services à leur tour hiérarchisés derrière des chefs d’ateliers ou des chefs de service. On finira par trouver plus ou moins « d’échelons hiérarchiques », selon les entreprises.

Cela semble donc acquis : le concept hiérarchique serait inhérent au principe même de l’entreprise. On vous dira, par exemple, que si vous êtes plus ou moins allergiques au concept de hiérarchie, il ne vous reste plus qu’à vous « mettre à votre compte », ou à devenir « travailleur indépendant ».

Mais avez-vous déjà entendu parler de ce que pour simplifier on appelle les « entreprises libérées » ? Il s’agit d’un mouvement assez répandu dans le monde occidental, y compris en France, qui part de la constatation que le meilleur moyen de « motiver » un individu est de lui laisser autant de liberté que possible, d’éviter de lui donner trop de directives, mais au contraire de laisser libre cours à sa volonté de se surpasser, et à sa créativité.

Dans ces « entreprises libérées », on ne se contente pas de réduire le nombre « d’échelons hiérarchiques » ! On essaie de les supprimer purement et simplement. Le bureau directorial ? Inexistant ! Les places de parking réservées à la « direction » : supprimées ! Les échelons de contrôle administratif : réduit à néant…

Dans certaines de ces entreprises, il n’y a même plus de « direction du personnel » ! Pourquoi ? Parce qu’une telle direction est en fait devenue inutile !

Les salariés des « entreprises libérées » sont, nous dit-on, plus efficaces, plus « productifs » que ceux des autres entreprises. Mais sont-ils plus heureux ? Toutes les études montrent que oui.

Maintenant, si des entreprises, contre toute attente, contre toute intuition, peuvent fonctionner sans hiérarchie, de manière plus efficace, c’est-à-dire sans dominants ni dominés, est-ce vraiment si sacrilège de se poser la question de savoir si un homme et un chien ne pourraient pas eux aussi fonctionner sur un modèle équivalent ?

Et si ce modèle était de nature non seulement à développer des partenariats plus efficaces, mais plus encore des hommes et des chiens plus heureux et plus épanouis ?

melanielaurent

2 Comments

  1. Même dans les entreprises, « libérées », comme vous écrivez, il y a une hiérarchie, des responsables, des gestionnaires, des décisionnaires et un dirigeant.
    Mes chiens connaissent bien les concepts de « l’entreprise libérée », ils y ont longtemps fait carrière.

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