Vrai ou faux : un léger crêpage ne peut pas nuire à la fourrure d’un animal ?

Vrai ou faux : un léger crêpage ne peut pas nuire à la fourrure d’un animal ?

Au microscope, une cuticule saine a l’aspect d’une toiture cylindrique dont les tuiles seraient des cellules kératinisées, disposées en écaille, comme autant de bardeaux, ces planchettes dont on se sert dans certaines régions pour couvrir les toits ou les murs.

Ces écailles doivent être parfaitement planes : quand c’est le cas, elles réfléchissent la lumière, donnant au poil un aspect sain et lustré, soyeux et doux au toucher.

Il existe un moyen assez simple de montrer cette capacité de réflexion de la lumière. Il suffit de coiffer d’abord un pelage sain et propre dans le sens de l’implantation de ce pelage, puis, aussitôt après, dans le sens contraire de cette implantation, à « rebrousse-poil » si l’on préfère : l’augmentation de la luminosité présentée par la plupart des robes est en général spectaculaire.

Les présentateurs habiles ne manquent pas d’utiliser cette propriété, chaque fois qu’ils veulent mettre un animal en valeur, à l’occasion d’une exposition par exemple.

On notera que le fait de peigner à rebrousse-poil n’entraîne aucun inconvénient pour la cuticule, le mouvement continuant de s’exercer dans le sens des écailles.

Mais il en irait tout autrement, si saisissant les poils par leur extrémité, on les avait peignés dans le sens contraire des écailles : naturellement, ces dernières ainsi mises à contresens vont donner à la tige une apparence de rigidité. C’est ce qu’on appelle le crêpage. Cette technique est malheureusement utilisée par des praticiens ignorants pour réaliser certaines coiffures : Caniches, West… Malheureusement, parce que lorsqu’on les malmène de la sorte, les écailles de la cuticule se soulèvent sur les côtés, comme le feraient les bardeaux abîmés d’une toiture. Le problème, c’est que cette blessure est irréversible : à la différence de la peau, ils n’entrent pas de cellules vivantes dans le poil, qui ne dispose d’aucune faculté d’auto-régénération.

Lorsque l’on crêpe, en réalité, on blesse les écailles de la cuticule.

La cuticule ainsi blessée ne cesse pas seulement d’être imperméable, elle ne peut plus réfléchir la lumière, elle devient rêche au contact, elle présente une tendance à l’effilochage, et les pointes, rapidement asséchées, finissent par se présenter en « fourches ». Plus tard, la mélanine dans le cortex, qui n’est plus protégé, se dégrade à ton tour. Le stade final de cette dégénérescence est que la tige devient fragile au point de pouvoir se briser. Le poil est désormais poreux, il est sec et terne, il a perdu son élasticité, il est donc vulnérable et cassant.

Donc la proposition est fausse : le crêpage nuit gravement au pelage !

Les personnes qui malmènent ainsi le pelage de leur animal sont si rares, et elles appliquent ce mauvais traitement dans des régions si limitées, me dites-vous, que cela ne méritait pas les lignes consacrées à cette question.

Vous avez parfaitement raison ! D’autant qu’il existe des moyens beaucoup plus efficaces, simples et rapides pour nuire gravement à un pelage… des moyens à la portée de tous les propriétaires… Nous en reparlerons dans un prochain billet…

Pour tout avoir sur cette question, voir le « guide Audreco » : « Tout savoir sur la physiologie du pelage du chien et du chat ! »

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