Savez-vous quelle est selon moi la compétence dont ne peut se passer un toiletteur ?
Je vous entends d’ici : vous allez me parler de sens artistique, de connaissance des standards, de rigueur…
Tout cela n’est pas faux, j’en conviens, mais l’essentiel est ailleurs !
Selon moi, un toiletteur qui veut réussir et durer est avant tout… un excellent comportementaliste !
Et cela, paradoxalement, bien plus encore que l’éducateur canin. C’est que l’éducateur dispose plus ou moins de moyens pour s’imposer. Mais, je le dis tout net, pour avoir pratiqué depuis tant d’années les deux disciplines, éducation et toilettage, le toiletteur qui voudrait s’inspirer des méthodes et techniques de l’éducation ne manquerait pas de se fourvoyer ! Tout simplement parce qu’un toilettage réellement réussi ne peut l’être sans avoir fini par obtenir une forme d’acceptation, je dirais de participation de l’animal toiletté (c’est vrai pour le chien, mais plus encore pour le chat).
Il ne s’agit donc pas seulement de bien connaître nombre d’aspects du comportement animal, mais bien plus encore d’avoir intégré le comportement animal à sa propre pratique gestuelle, et cela jusque dans les détails apparemment les plus insignifiants ! (Exemples : la position du buste, du ventre, le contrôle de la respiration…)
Tel geste mal conduit va créer stress et inquiétude, alors qu’une autre manière de faire peut rassurer et créer de la confiance, voire de l’amitié. À cet exercice, chaque détail compte !
Mais c’est là aussi, en tout cas pour moi, la source principale du plaisir professionnel ! La connivence toujours plus grande, toujours plus intense, qu’avec l’expérience, on finit par savoir établir avec l’animal, avec tous les animaux, justifie pleinement le choix d’avoir choisi cette profession, et d’en avoir accepté toutes les inévitables difficultés.
Et vous toilettez encore, me demande-t-on parfois, sous-entendu, malgré votre (grand) âge ? Je crois que je viens d’expliquer pourquoi. J’ajouterai seulement que l’âge et l’expérience n’enlèvent rien à la satisfaction de sentir que, quel que soit le niveau atteint, on continue de progresser…
Michel Georgel pour les Ateliers d’Audreco
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